Oser commencer une psychothérapie
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Oser commencer une psychothérapie

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Par David Duquenne
12 min read
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Oser commencer une psychothérapie

Peut-être avez-vous déjà remarqué cette hésitation qui revient, cycle après cycle, saison après saison. Vous savez qu'il serait temps, vous sentez cet appel intérieur qui murmure qu'un accompagnement pourrait vous aider, et pourtant… quelque chose vous retient. Ce n'est ni le hasard ni la faiblesse — c'est simplement que franchir le seuil d'une psychothérapie demande un courage particulier, celui d'oser se rencontrer vraiment.

Cette hésitation que vous ressentez n'est pas un obstacle à surmonter de force, mais plutôt une porte à comprendre. Derrière elle se cachent des peurs légitimes, des croyances héritées, des questions sans réponse. Mon invitation aujourd'hui est de les accueillir avec douceur, de les observer sans jugement, et de découvrir ce qui vous permettrait enfin de faire ce premier pas vers vous-même.


Comprendre ce qui vous retient : les freins invisibles

« Le plus grand voyage commence par un premier pas, mais ce pas demande d'abord que nous osions nous arrêter. » — Lao Tseu

Lorsque vous songez à commencer une psychothérapie, il est probable que plusieurs voix intérieures se manifestent. L'une vous encourage, une autre vous met en garde, une troisième vous dit d'attendre encore un peu. Ces voix ne sont pas vos ennemies — elles sont les gardiennes de votre sécurité psychique, celles qui ont appris à vous protéger au fil de votre histoire.

Les freins les plus courants qui empêchent de franchir le seuil thérapeutique sont souvent :

  • La peur du jugement : « Que va penser le thérapeute de moi ? »
  • La crainte de la vulnérabilité : « Si je m'ouvre, je risque de me briser. »
  • Le sentiment de ne pas être "assez mal" : « D'autres ont plus besoin que moi. »
  • La culpabilité de prendre du temps pour soi : « C'est égoïste, j'ai d'autres priorités. »
  • L'inquiétude de découvrir des choses difficiles : « Et si je découvre quelque chose que je ne veux pas voir ? »

Ces freins sont parfaitement normaux et humains. Ils témoignent de votre intelligence émotionnelle, de votre capacité à anticiper et à vous protéger. Mais parfois, ce qui nous protège finit aussi par nous enfermer. La question n'est donc pas de forcer ces résistances, mais de les comprendre pour les apprivoiser progressivement.

Hésiter avant de commencer une psychothérapie n'est pas un signe de faiblesse, mais une étape naturelle du processus de transformation. Vous êtes déjà en chemin.

Imaginez un instant que ces freins soient comme des gardiens postés devant une porte. Ils ne sont pas là pour vous empêcher d'entrer, mais pour s'assurer que vous êtes prêt. Leur demander ce dont ils ont besoin pour vous laisser passer est déjà un acte thérapeutique en soi.


Reconnaître le bon moment : quand l'hésitation devient invitation

Il existe un moment particulier dans la vie intérieure, un instant où l'hésitation change de nature. Elle cesse d'être une barrière et devient une invitation à écouter plus profondément. Ce moment ne se force pas, il se reconnaît — et vous êtes peut-être déjà en train de le vivre.

Les signes que vous êtes prêt

Voici quelques indicateurs qui suggèrent que le moment est venu de franchir ce seuil :

  • Vous ressentez un décalage persistant entre qui vous êtes et qui vous souhaiteriez être
  • Vos stratégies habituelles pour aller mieux ne fonctionnent plus comme avant
  • Vous avez l'impression de tourner en rond dans certaines situations émotionnelles
  • Vous ressentez une fatigue intérieure qui ne se dissipe pas avec le repos
  • Vous avez envie de comprendre vos schémas répétitifs plutôt que de simplement les subir

Ces signes ne sont pas des pathologies à corriger, mais des appels de votre être profond qui cherche à évoluer, à s'élargir, à retrouver une cohérence perdue. La psychothérapie n'est pas réservée aux situations de crise — elle est aussi un espace pour ceux qui souhaitent cheminer consciemment vers plus de liberté intérieure.

L'histoire de Claire : attendre le "bon moment"

Claire, 38 ans, avait songé à consulter pendant près de trois ans. Elle se disait toujours qu'elle attendrait d'avoir "vraiment besoin" d'aide, que ce n'était pas encore le bon moment. Jusqu'au jour où elle réalisa que cette attente elle-même était devenue une souffrance. Ce n'était pas un événement dramatique qui l'a poussée à franchir le seuil, mais la simple fatigue d'attendre.

Lorsqu'elle prit enfin rendez-vous, elle découvrit que le "bon moment" n'était pas celui où tout s'effondre, mais celui où l'on choisit consciemment de ne plus reporter sa propre rencontre. Le bon moment, c'est souvent maintenant — non pas parce que tout va mal, mais parce que vous méritez d'aller mieux.


Dépasser la peur du jugement et de la vulnérabilité

La peur du jugement est probablement l'un des freins les plus puissants qui empêchent de commencer une psychothérapie. Que va penser le thérapeute de moi ? Va-t-il me trouver ridicule, faible, compliqué ? Ces questions sont légitimes, car elles touchent à notre besoin fondamental d'être accepté et reconnu dans notre humanité.

Le cadre thérapeutique : un espace de non-jugement

Ce que vous devez savoir, c'est que le cadre thérapeutique est précisément conçu pour accueillir sans juger. Un thérapeute formé ne vous évalue pas, ne vous compare pas, ne vous juge pas. Il vous accompagne. Sa posture est celle d'un témoin bienveillant qui a appris à accueillir toutes les facettes de l'expérience humaine — les vôtres comme celles de centaines d'autres personnes avant vous.

Vous n'êtes pas "un cas" à résoudre, vous êtes une personne en chemin. Et ce chemin, aussi chaotique soit-il parfois, mérite d'être honoré et respecté. La vulnérabilité que vous craignez tant est en réalité la porte d'entrée vers une relation thérapeutique authentique et transformante.

Lors du premier rendez-vous, vous avez le droit de partager vos appréhensions avec le thérapeute. Dire "J'ai peur d'être jugé" ou "Je ne sais pas par où commencer" est déjà un acte de courage et d'authenticité qui facilite l'alliance thérapeutique.

Se donner le droit d'être imparfait

Peut-être avez-vous grandi dans un environnement où montrer ses failles était perçu comme une faiblesse. Peut-être avez-vous appris à tout gérer seul, à ne jamais demander d'aide, à sourire même quand tout va mal. Ces apprentissages ont leur raison d'être, mais ils peuvent aussi devenir des prisons dorées.

Commencer une psychothérapie, c'est se donner le droit d'être imparfait. C'est accepter que vous n'avez pas à tout comprendre, tout maîtriser, tout résoudre seul. C'est reconnaître que demander de l'aide n'est pas un aveu d'échec, mais un acte de sagesse et de responsabilité envers soi-même.


Choisir son thérapeute : l'importance de l'alliance

L'une des inquiétudes fréquentes concerne le choix du thérapeute. Comment savoir si c'est la bonne personne ? Et si je ne me sens pas à l'aise ? Et si ça ne fonctionne pas ? Ces questions sont essentielles, car l'alliance thérapeutique — cette relation de confiance et de collaboration — est l'un des facteurs les plus déterminants dans la réussite d'une psychothérapie.

Les critères pour choisir

Voici quelques éléments à considérer lors de votre recherche :

  • La formation et l'approche : Renseignez-vous sur l'orientation thérapeutique (psychothérapie transpersonnelle, hypnose ericksonienne, TCC, psychanalyse…) et choisissez celle qui résonne avec vos besoins.
  • Le feeling initial : Lors du premier contact (téléphone, email, première séance), écoutez votre ressenti. Vous sentez-vous écouté, respecté, en sécurité ?
  • La flexibilité : Un bon thérapeute sait s'adapter à votre rythme, à vos besoins, sans vous imposer un cadre rigide.
  • La clarté du cadre : Fréquence des séances, tarifs, durée, modalités — tout doit être explicite dès le début.

Il est important de savoir que vous avez le droit de changer de thérapeute si l'alliance ne se crée pas. Ce n'est pas un échec, c'est simplement la reconnaissance que chaque personne a besoin d'un accompagnement qui lui correspond. Parfois, il faut essayer plusieurs thérapeutes avant de trouver celui avec qui vous pourrez vraiment cheminer.

L'alliance thérapeutique : une co-création

La relation thérapeutique n'est pas une relation passive où le thérapeute "vous répare". C'est une co-création, un espace où vous êtes acteur de votre propre transformation. Le thérapeute vous accompagne, vous guide, vous éclaire, mais c'est vous qui faites le chemin. Cette responsabilité partagée est libératrice : vous n'êtes pas un patient à soigner, vous êtes une personne en évolution.

Imaginez cette relation comme une danse où chacun écoute l'autre, s'ajuste, trouve son rythme. Parfois il y a des silences, parfois des révélations, parfois des résistances. Tout cela fait partie du processus, et tout cela est accueilli.


Le premier pas : concrétiser votre intention

Vous avez lu jusqu'ici, vous avez peut-être reconnu certaines de vos hésitations, vous avez peut-être senti quelque chose bouger en vous. Et maintenant ? Le passage de l'intention à l'action est souvent le plus délicat, car c'est là que les résistances se réveillent avec le plus de force.

Simplifier la démarche

Voici une approche progressive pour faciliter ce premier pas :

  1. Identifiez votre besoin principal : Qu'est-ce qui vous pousse à chercher un accompagnement ? Mieux vous comprendrez votre intention, plus il sera facile de passer à l'action.
  2. Faites une recherche ciblée : Consultez des annuaires de thérapeutes, demandez des recommandations, lisez des articles pour mieux comprendre les approches.
  3. Prenez contact sans engagement : Envoyez un email ou appelez pour poser vos questions. Vous n'êtes pas obligé de prendre rendez-vous immédiatement.
  4. Accordez-vous un premier rendez-vous exploratoire : Considérez la première séance comme une rencontre, pas comme un engagement définitif.
  5. Écoutez votre ressenti après la séance : Vous sentez-vous écouté, respecté, en confiance ? Si oui, continuez. Sinon, cherchez ailleurs.

Si la peur de l'engagement vous paralyse, dites-vous que vous avez toujours le droit d'arrêter. Commencer une psychothérapie n'est pas un contrat à vie, c'est une exploration que vous pouvez interrompre à tout moment.

L'histoire de Marc : le déclic du premier rendez-vous

Marc avait reporté son premier rendez-vous trois fois. À chaque fois, une excuse valable : un imprévu professionnel, une fatigue, un doute. Jusqu'au jour où il se dit simplement : « Et si j'y allais juste pour voir ? » Cette permission qu'il se donna — celle de ne pas s'engager définitivement, juste d'essayer — fut le déclic qui lui permit de franchir enfin la porte.

Lors de cette première séance, il ne parla pas de tout, il ne révéla pas ses secrets les plus enfouis. Il parla simplement de son hésitation, de ses peurs, de ce qui l'avait retenu si longtemps. Et le thérapeute l'écouta, sans jugement, sans pression. Ce fut suffisant pour que Marc comprenne qu'il était au bon endroit.


Accueillir le processus : la psychothérapie comme voyage

Commencer une psychothérapie, ce n'est pas appuyer sur un bouton magique qui résoudrait instantanément toutes vos difficultés. C'est entamer un voyage intérieur, parfois tumultueux, parfois apaisant, mais toujours profondément transformateur. Ce voyage a ses propres rythmes, ses propres saisons, et il demande de la patience et de la confiance.

Les différentes phases du processus thérapeutique

Au fil des séances, vous traverserez probablement plusieurs phases :

  • La phase d'apprivoisement : Vous découvrez le cadre, vous testez la relation, vous explorez ce que vous pouvez dire ou non.
  • La phase d'exploration : Vous commencez à dévoiler vos schémas, vos blessures, vos croyances limitantes.
  • La phase de résistance : Vous rencontrez des blocages, des peurs, des envies d'arrêter — c'est souvent le signe que vous touchez à quelque chose d'important.
  • La phase d'intégration : Vous commencez à comprendre, à relier les fils, à transformer votre regard sur vous-même et sur votre histoire.
  • La phase d'autonomisation : Vous devenez progressivement votre propre guide intérieur, capable de naviguer avec plus de clarté et de confiance.

Ces phases ne sont pas linéaires, elles peuvent se chevaucher, revenir, évoluer. L'important est de rester présent à ce qui se vit, sans chercher à forcer le processus.

Faire confiance au rythme de votre être

Il n'y a pas de "bonne vitesse" en psychothérapie. Certaines personnes avancent rapidement, d'autres prennent le temps de digérer chaque prise de conscience. Certaines ont besoin de parler beaucoup, d'autres de ressentir en silence. Votre rythme est le bon rythme, à condition que vous restiez engagé dans le processus.

Faire confiance au rythme de votre être, c'est accepter que la transformation ne se décrète pas, elle se vit. C'est accepter les moments de stagnation, les retours en arrière apparents, les silences nécessaires. Tout cela fait partie du chemin, et tout cela vous construit.


Vous êtes arrivé au bout de cet article, et peut-être quelque chose a bougé en vous. Peut-être avez-vous reconnu vos propres hésitations, peut-être avez-vous senti qu'il était temps, peut-être avez-vous simplement compris que vous n'êtes pas seul dans cette hésitation. Oser commencer une psychothérapie, c'est choisir de ne plus reporter votre propre rencontre. C'est vous offrir un espace pour déposer ce qui pèse, pour comprendre ce qui bloque, pour retrouver une cohérence intérieure. Vous êtes déjà en chemin — le simple fait de lire ces mots en témoigne. À présent, quelle première petite action allez-vous poser pour honorer cet appel intérieur ?

Questions fréquentes